
Je me rappelle du grand boulevard et de mes petits pieds qui trainaient sur les pavés. De la main de ma maman qui m'indiquait le chemin à suivre. Facile, toujours tout droit. Je me souviens de cette petite impasse qui payait pas de mine, avec un petit porche où on quittait le grand boulevard et toute cette masse de gens que je ne connaissais pas et qui marchait beaucoup plus vite que moi.
On rentrait dans un tout petit magasin mais très haut de plafond. Je n'en voyais pas le bout. C'était immense. Mais bizarrement, je n'avais pas peur. Tout ce que je voyais c'était des bonbons. Des Carambars, des Malabars, des sucettes, des fils qui piquent la langue, des berlingots, des bouteilles de coca, des frites, des Dragibus .. hummmm c'était bon à voir.
Et ma maman me lachait la main et m'expédiait d'un coup d'oeil vers les étalages pour que je fasse mon petit choix. J'étais comme une princesse qu'on admire dans un palais extraordinaire. Je grimpais à l'échelle et j'étais grisée par tout ce choix de friandises. Et on finissait par peser mon petit sac que je serrais très fort entre mes petites mains. Ma mère sortait son porte-monnaie et réglait la note de la princesse.
Elle mettait mon gros sac dans son sac encore plus gros. Que ca devait être lourd à porter pour elle ? Et elle me reprenait la main, on traversait la route en regardant bien à droite et à gauche. C'était moi qui disait quand on avait le droit de traverser. On passait devant la boutique Prénatal et ma mère s'arrêtait pour contempler les petites robes et les jolis pantalons. Une fois sur deux, on rentrait dans le magasin. C'était le plaisir de ma maman. Elle y avait droit. Elle portait un sac très lourd quand même.
Puis on reprenait notre route. Je ne sais plus si on parlait beaucoup sur le chemin et je me demande encore de quoi on pouvait discuter, mais la journée finissait toujours au Burger King. Sur les grands tabourets, à boire un grand coca.
Et on retournait voir mon père dans son magasin. Je descendais les quelques marches pour arriver à l'atelier pour dire bonjour aux électrotechniciens. Et je regardais les machines ouvertes, les fils électriques, les outils et j'attendais que papa ferme son magasin. Et on rentrait à la maison pour manger mon gros sac.

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